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Parmi les meilleurs passages du dernier roman « Une vie sans fin » de Beigbeider, celui sur ce qu’il appelle le selfisme est un des plus drôles et des plus justes. Nouvelle idéologie de notre temps, l’exhibition de soi sur les réseaux sociaux est devenue une passion planétaire. Instagram étant sans aucun doute l’incarnation suprême du phénomène. Mais le selfie est-il un simple nouveau narcissisme ?

« Le selfie est un marqueur de notre temps post-moderne »

Le selfie est notre contemporain depuis plus ou moins 10 ans. Et oui seulement, pas davantage ! Même si les plus jeunes l’imaginent sans doute telle une pratique séculaire.

C’est qu’il a fait une entrée fracassante et généralisée dans les nouveaux usages. Il est marqueur de notre temps à la fois par son omniprésence généralisée et par sa force d’attraction. On ne peut plus aller au musée, dîner au restaurant ou contempler un paysage sans qu’il y ait un addict à vous gâcher le plaisir ou la contemplation de votre moment. Il est marqueur de notre temps parce qu’il n’est pas seulement marqueur d’une génération. Les adolescents ne sont pas les seuls à se prendre en photo sur les bords de plage, et les stars ou les blogueuses n’ont pas le monopole de l’auto-portrait en robe de soirée, en legging ou en maillot de bain. Le selfie a envahit les frontières des âges, de la géographie sociale et spatiale.

« Un social portrait tout à l’égo »

Pourtant, quand on en revient à son essence même, le selfie est à la fois récent et d’une certaine façon éculé depuis des siècles. C’est un peu le Blablacar de l’auto-stop. Il est à la fois totalement post-moderne, ancré dans notre monde digital et virtuel, et il est également l’expression d’une pratique des siècles anciens : l’auto-portrait. Où est la modernité du selfie quand on le compare à l’auto-portrait classique ? Sa post-modernité vient du smartphone, nouveau pinceau qui a créé une nouvelle forme de représentation de soi. Facilitée, généralisée, instantanée, popularisée, partagée, nos miroirs photographiques sont des affiches d’auto-promotion permanente de soi. Plus besoin d’être un artiste, plus besoin de travailler des jours ou des mois sur son portrait, le selfie est à portée de main, à la portée de tous, au bout d’un simple clic, sur la toile de tous les réseaux. C’est une carte de visite visuelle qui dit ce que vous faites, où vous êtes, ce que vous aimeriez être… mais dit-elle vraiment qui nous sommes ? Évidemment non.

« Le selfie n’est pas juste une expression narcissique de soi »

Le selfie est-il alors notre nouveau Narcisse, et la Toile la nouvelle source à admirer ?

Si le selfie est une pratique égocentrique et égocentrée, c’est surtout une réponse moderne à notre besoin de reconnaissance. Auparavant, la famille, le travail, la religion, la politique… étaient les lieux de l’expression de soi et de connexion avec sa communauté. Aujourd’hui, dans une société de délitement des liens, le digital et les réseaux sociaux sont ce nouvel espace d’émancipation et de partage. Car le selfie est un appel au lien, et en cela un appel aux autres. Le selfie n’existe qu’à travers le regard d’autrui, que s’il est partagé, que s’il est vu, envoyé, commenté.  Il n’a de valeur que s’il fait parler, s’il fait liker, s’il fait jaser, s’il fait fureur, s’il fait de l’effet. Il n’a aucune valeur s’il reste enfermé dans l’intimité de votre album photo.

« Une mise en scène de soi »

Le selfie n’est pas le simple reflet du miroir de sa salle de bain. C’est le reflet de soi construit, mis en scène. Le selfie est une palette créative de soi, avec son décor, ses acteurs, ses figurants, son filtre. Raison pour laquelle on peut parler « d’art du selfie », car tout le monde n’est pas capable de faire ses plus beaux yeux de biche ou des poses détachées au milieu de paysages extraordinaires. L’image n’a pas le même poids, la même valeur, la même influence, la même signification si vous êtes seul(e) ou avec une personnalité, si vous êtes sur un parking de supermarché ou sur une plage paradisiaque. Votre exhibition a le sens que vous voulez lui donner, en fonction d’avec qui vous êtes, où vous êtes, ce que vous montrez de vous.

Un récent article de l’ADN fait parfaitement échos à la recherche de plus en plus pointue de la mise en scène. Belfie, Helfie, Celfie, quel est votre angle préféré ? Les bibliothèques du Bookshelfie mettent-elles davantage en valeur votre intellect ? Ou préférez-vous exhiber vos folles soirées avec un Drelfie ?

Pour devenir quelqu’un, il faut être connecté aux autres, il faut exister à travers le regard des autres. Les réseaux sociaux sont ce forum, et les pratiques qui en découlent comme le selfie la preuve post-moderne de notre existence dans ce nouvel environnement social.

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